mardi 31 juillet 2012

Hatfields and McCoys


Inconnue en France, la querelle qui opposa les familles Hatfield et McCoy au lendemain de la Guerre de Sécession est devenue proverbiale outre-Atlantique. Soldats confédérés, voisins inséparables au combat, Devil Anse Hatfield et Randall McCoy se déchirèrent, et leurs proches avec eux, aux lendemain des combats et plus de vingt ans durant, s’exterminant les uns les autres pour des affaires de terrains, de cochons volés, d’unions contestées et d’à peu près tout ce qui se passait sur leurs lopins de terre, du côté du Kentucky et de la Virginie Occidentale. La chaîne câblée History, qui avait lancé, avant de l’abandonner à la concurrence, The Kennedys, s’est décidée à faire de cette guerre de voisinage sa première minisérie, en trois épisodes de presque deux heures chacun, diffusés depuis ce 28 mai.


Un coup d’essai porté par Kevin Costner, producteur et interprète de Devil Anse Hatfield, qui a confié la réalisation à Kevin Reynolds, un de ses amis, heureux réalisateur de Robin des bois prince des voleurs puis conspué pour le ruineux Waterworld. Barbu, marmonnant pipe à la bouche et vieux chapeau sur la tête, le comédien fait des débuts en série convaincants, bien aidé par Bill Paxton, habitué du petit écran depuis Big Love.



Hatfields & McCoys n’a malheureusement guère mieux que ces deux performances pour sa défense. Filmée avec un manque d’inspiration total – si on voulait être aimable, on parlerait de « classicisme » – la minisérie présente certes une déclinaison originale du genre western, variante ploucs sans Indiens dans les bois de l’Amérique de l’Est. Elle nous permet sans doute de découvrir ce chapitre « célèbre » de l’Histoire des Etats-Unis… mais quelle histoire !



Personne ne m'a demandé mon avis...



I killed a man, they said, so they said





Well, my name it is Sam Hall, Sam Hall
Yes, my name it is Sam Hall, it is Sam Hall
My name it is Sam Hall an' I hate you, one an' all
An' I hate you, one and all
Damn your eyes


I killed a man, they said, so they said
I killed a man, they said, so they said
I killed a man, they said an' I smashed in his head
An' I left him layin' dead
Damn his eyes

But a-swingin', I must go, I must go
A-swingin', I must go, I must go
A-swingin', I must go while you critters down below
Yell up, "Sam, I told you so"
Well, damn your eyes!

I saw Molly in the crowd, in the crowd
I saw Molly in the crowd, in the crowd
I saw Molly in the crowd an' I hollered, right out loud
"Hey there Molly, ain't you proud?
Damn your eyes"



Then the Sheriff, he came to, he came to
Ah yeah, the Sheriff, he came to, he came to
The Sheriff, he come to an' he said, "Sam, how are you?"
An' I said, "Well, Sheriff, how are you
Damn your eyes"

My name is Samuel, Samuel
My name is Samuel, Samuel
My name is Samuel an' I'll see you all in hell
An' I'll see you all in hell
Damn your eyes


lundi 30 juillet 2012

Le meurtre...



... le meurtre est la plus grande préoccupation humaine, et tous nos actes dérivent de lui...

Octave Mirbeau


Il devrait y avoir la dictature des voyous...


Il devrait y avoir la dictature des voyous et non celle du prolétariat. 
N'importe quel prolo recule devant le couteau du voyou. 
Le vrai chef c'est le voyou.

Edouard Limonov


L'intelligentsia


L'intelligentsia n'est point le cerveau du peuple mais la merde du peuple...

Lénine.

A propos de John Brown par Malcom X.




There are many white people in this country, especially the younger generation, who realise that the injustice that has been done and is being done to black people cannot go on without the chickens coming home to roost eventually. And those white people, even if they're not morally motivated, their intelligence forces them to see that something must be done. And many of them would be willing to involve themselves in the type of operation that your were just talking about.

For one, when a white man comes to me and tells me how liberal he is, the first thing I want to know, is he a nonviolent liberal, or the other kind. I don't go for any nonviolent white liberals. If you are for me and my problems - when I say me, I mean us, our people - then you have to be willing to do as old John Brown did. And if you're not of the John Brown school of liberals, we'll get you later - later.


We need allies who are going to help us achieve a victory, not allies who are going to tell us to be nonviolent. If a white man wants to be an ally, ask him what does he think of John Brown. You know what John Brown did? He went to war. He was a white man who went to war against white people to help free slaves. He wasn't nonviolent. White people call John Brown a nut. Go read the history, go read what all of them say about John Brown. They're trying to make it look like he was a nut, a fanatic. They made a movie on it - I saw a movie on the scren one night. Why, I would be afriad to get near John Brown if I go by what other white folks say about him.

But they depict him in this image because he was willing to shed blood to free the slaves. And any white man who is ready and willing to shed blood for your freedom - in the sight of other whites, he's nuts. As long as he wants to come up with some nonviolent action, they go for that. If he's liberal, nonviolent liberal, love-everybody liberal. But when it comes time for making the same contribution for your and my freedom that was necessary to make for their own freedom they back out of the situation. So when you want to know good white folks in history where Black people are concerned, go read the history of John Brown. That was what I called a liberal, a white liberal. But those other kind, they are questionable.

So if we need white allies in this country, we don't need those kind who compromise. We don't need those kind who encourage us to be polite, responsible, you know. We don't need those kind who give us that kind of advice. We don't need those kind who tell us how to be patient. No, if we want some white allies, we need the kind that John Brown was, or we don't need you.

And the only way to get those kind is to turn in a new direction.

Le poète griffe et caresse.


Serguei ESSENINE



Mais nous sommes tous mortels, c'est ainsi,
Des feuilles d'érable s'écoule le cuivre...
Que soit perpétuellement béni
Ce qui est venu fleurir et mourir

1921



Horizons dorés et si flous !
La vie brûle tous ses convives.
Et j'ai fait le porc et le fou
Pour que ma flamme soit plus vive.

Le poète griffe et caresse,
C'est son destin et son devoir.
J'ai cherché à marier sans cesse
La rose blanche au crapaud noir.

Et qu'importe que dans les flammes
Mes desseins roses aient péri.
Si des démons nichaient dans l'âme,
Les anges y vivaient aussi.
....
1923

dimanche 29 juillet 2012

AUX JUIFS DE TOUS PAYS - Nestor Makhno


 AUX JUIFS DE TOUS PAYS
Nestor Makhno


 Dans cet article, Makhno récuse les accusations de pogromiste et d'antisémitisme que ses ennemis faisait courir sur son compte. D'une parce que en tant qu'anarchiste il a toujours combattu ce type de préjugés, de deux parce qu'il a lutté contre d'authentiques massacreurs de juifs comme l'ataman Grigoriev qu'il a lui-même abattu, Petlioura le nationaliste ukrainien ou les tsaristes. De trois parce que ses troupes se composaient en partie de juifs, à savoir dans la section culturelle, chez certains de ses commandants et au sein d'une unité de mitrailleurs. Il revient enfin sur l'immonde nouvelle de Kessel "Makhno et sa juive" dans laquelle l’auteur en mal d'inspiration s’inspire du pseudo témoignage d'un officier blanc, pour décrire Makhno comme un bourreau sanguinaire et anti juif, ce qu'il n'était absolument pas!


Citoyens juifs! Dans mon premier "appel aux juifs", publié par le journal français "Le Libertaire", j'ai demandé aux juifs en général, c'est à dire aussi bien aux bourgeois qu'aux socialistes, et même aux anarchistes tels que Yanovsky, qui ont tous parlé de moi comme d'un pogromeur de Juifs et traité d'antisémite le mouvement de libération des paysans et ouvrier ukrainiens que j'ai guidé, de m'indiquer les faits exacts, au lieu de bavarder dans le vide là-dessus: où et quand dans le mouvement précité, avons-nous commis de tels actes?

Je m'attendais à ce que les juifs en général répondent à mon "Appel" de la manière qui convient pour des gens qui désirent révéler la vérité au monde civilisé sur les gredins, responsables des massacres de juifs en Ukraine, on bien encore qu'ils s'efforcent de fonder leurs honteux racontars à mon sujet sur le mouvement makhnoviste sur des faits quelques peu véridiques, puis qu'ils m'en fassent part et les diffusent auprès de l'opinion publique.

Jusqu'ici, je n'ai eu connaissance d'aucun fait de ce genre avancé par les Juifs. Tout ce qui a paru jusqu’à présent dans la presse de tout bord, y compris dans certains organes anarchistes juifs, n'a été que le fruit du mensonge le plus éhonté de la vulgarité de certains aventuriers politiques et de leurs stipendiés, tant à mon propos qu'à celui du mouvement insurrectionnel que j'ai guidé. D'ailleurs dans ce mouvement, des unités combattantes révolutionnaires composées de travailleurs juifs ont joué un rôle de premier plan. La lâcheté de ces calomniateurs ne me touche pas, car je l'ai toujours méprisée en tant que telle. Les citoyens juifs peuvent s'en convaincre en constatant que je n’ai pas dit un seul mot à propos de la pasquinade d'un certain Joseph Kessel, Makhno et sa Juive, roman rédigé à partir de fausses informations sur moi et le mouvement qui m'est lié organisationellement et théoriquement. L'intrigue de cette pasquinade est extraite du texte d'un obséquieux laquais des bolcheviks, un certain colonel Guèraddimenko, jugé d'ailleurs, il y a peu de temps, par les tribunaux tchèques pour espionnage au profit d'une organisation bolchévique.

Ce petit roman s'est également inspiré des articles d'un journal bourgeois, un certain Arbatov, lequel n'a pas craint de m'imputer toutes sortes de violences contre une troupe d'"artistes liliputiens"! Affaire, bien entendu inventée de toutes pièces.

Dans son roman révoltant de mensonges, le jeune écrivain Kessel s'ingénie à me dépeindre d'une manière si odieuse qu'il lui aurait fallu, au moins que dans les passages où il s'inspire des écrits de Guérasimenko et Arbatov, citer ses sources. Dans la mesure où le mensonge joue un rôle principal dans ce roman et que ses sources sont inconsistantes, ma seule réponse ne pouvait être que le silence.

C'est de manière tout à fait différente que je considère les calomnie qui proviennent d'associations juives, lesquelles veulent donner l'impression à leurs coreligionnaires quelles étudient avec soin les actions indigne et craintes d'injustices accomplies contre la population juive en Ukraine et dont ces associations veulent dénoncer les auteurs.

Il y a peu de temps, l'une des associations, qui a d'ailleurs son siège social dans le royaume bolchevik, à édité un ouvrage illustré de photographies sur les atrocités commises contre la population juive en Ukraine et en Biélo-Russie, cela à partir de matériaux recueillis par le camarade Ostrovsky, ce qui signifie en clair: de source bolchévique. Dans ce document "historique", nulle part il n'est fait mention de pogrom anti-juifs accomplis par la si vantée "Première armée de cavalerie rouge", lorsque venant du Caucase, elle traversa l'Ukraine en mai 1920. En revanche, ce document mentionne un certain nombre de pogroms et publie en rapport des photos d'insurgés makhnovistes, sans que l'on sache ce qu'il viennent y faire, d'une part, et qui, d'autre part, ne représentent même pas des makhnovistes, comme, par exemple celle qui montre des "makhnovistes en déplacement", précédés d'un drapeau noir orné d'une tête de mort; c'est une photo qui n'a rien à voir avec les pogroms et qui, surtout, ne représente aucunement des makhnovistes.


Une falsification encore plus importante, tant contre moi que contre les makhnovistes, apparait dans les photographies représentant les rues de la ville d'Alexandrovsk, prétendument dévastées après un pogrom commis par les makhnovistes, en été 1919. Ce grossier mensonge est impardonnable pur l'association juive responsable de la publication, car il est de notoriété publique en Ukraine qu'à cette époque, l'armée insurrectionnelle makhnoviste se trouvait loin de cette région: elle c'était repliée en Ukraine occidentale. En fait, Alexandrovsk a été sous le contrôle des bolcheviks, de février à juin 1919, puis des dénikiens jusqu'à l'automne.

Par ces documents, la société juive d'obédience bolchévique commet une grande bassesse à mon égard et envers le mouvement makhnoviste: m'ayant pu trouver de documents pour nous accuser - au profit de ses commanditaires - de pogroms anti-juifs, elle a reconnu à la falsification directes de pièces qui n'ont aucun rapport ni avec moi ni avec le mouvement insurrectionnel. Son procéder mensonger est encore plus flagrant lorsqu'elle reproduit une photo - "Makhno, un "paisible" citoyen" - , alors qu'en fait il s'agit d'une personne qui m'est complètement inconnue.

C'est pour toutes ces raisons que j'ai considéré de mon devoir de l'adresser à l'opinion de la communauté juive internationale afin d'attirer son attention sur la lâcheté et le mensonge de certaines association juives, tenues en sous-main par les bolcheviks, m'accusant personnellement, ainsi que le mouvement insurrectionnel que j'ai guidé, de pogrom anti-juifs. L'opinion juive internationale se doit de vérifier attentivement la teneur de ces affirmations infâmes, car présenter de telles absurdités n'est pas la meilleure méthode pour établir, aux yeux de tous, la vérité sur ce qu'a subit la population juive en Ukraine, sans tenir compte déjà que ces mensonges ne servent qu'à déformer totalement l'histoire.

Dielo trouda, n°23-24, avril mai 1927

Battle Hymn Of The Republic.




Mine eyes have seen the glory of the coming of the Lord:
He is trampling out the vintage where the grapes of wrath are stored;
He hath loosed the fateful lightning of His terrible swift sword:
His truth is marching on.

Refrain:
Glory, glory, hallelujah!
Glory, glory, hallelujah!
Glory, glory, hallelujah!
His truth is marching on

I have seen Him in the watch-fires of a hundred circling camps,
They have builded Him an altar in the evening dews and damps;
I can read His righteous sentence by the dim and flaring lamps:
His day is marching on.

I have read a fiery gospel writ in burnished rows of steel:
"As ye deal with my contemners, so with you my grace shall deal;
Let the Hero, born of woman, crush the serpent with his heel,
Since God is marching on."

He has sounded forth the trumpet that shall never call retreat;
He is sifting out the hearts of men before His judgment-seat:
Oh, be swift, my soul, to answer Him! be jubilant, my feet!
Our God is marching on.

In the beauty of the lilies Christ was born across the sea,
With a glory in his bosom that transfigures you and me:
As he died to make men holy, let us die to make men free, (parfois "let us live to make men free")
While God is marching on.

He is coming like the glory of the morning on the wave,
He is wisdom to the mighty, He is honor to the brave;
So the world shall be His footstool, and the soul of wrong His slave,
Our God is marching on.







samedi 28 juillet 2012

CALVINIST MARTYR AND FREEDOM FIGHTER - JOHN BROWN



Holiness does not consist in mystic speculations, enthusiastic fervours, or uncommanded austerities; it consists in thinking as God thinks, and willing as God wills.

Be mild with the mild, shrewd with the crafty, confiding to the honest, rough to the ruffian, and a thunderbolt to the liar.

JOHN BROWN


vendredi 27 juillet 2012

Avec les opprimés contre les oppresseurs — Toujours !




Avec les opprimés contre les oppresseurs — Toujours ! 

Tract Makhnoviste

Nestor Makhno en 1919.

Anarchistes de l'armée insurrectionnelle Makhnoviste. Avec le calot de marin, Fyodor Schuss.


MANIFESTE DE L'ARMÉE INSURRECTIONNELLE D'UKRAINE
(1er janvier 1920)

A tous les paysans et ouvriers de l'Ukraine ! A transmettre par télégraphe, par téléphone, ou par poste ambulante, à tout les villages d'Ukraine ! Lire dans les réunions des paysans, dans les usines et dans les entreprises !

Frères travailleurs !

L'armée insurrectionnelle de l'Ukraine a été créée pour s'élever contre l'oppression des ouvriers et paysans par la bourgeoisie et par la dictature bolchevique-communiste. Elle s'est donnée pour but la lutte pour la libération totale des travailleurs ukrainiens du joug de telle ou telle autre tyrannie et pour la création d'une véritable constitution socialiste à nous. L'armée insurrectionnelle des partisans makhnovitsi a combattu avec ferveur sur de nombreux fronts pour atteindre ce but. Elle termine actuellement victorieusement la lutte contre l'armée de Dénikine, libérant une région après l'autre, partout là où existaient la tyrannie et l'oppression.

Beaucoup de travailleurs paysans se sont posés la question: comment faire? Qu'est-ce qu'on peut et qu'est-ce qu'on doit faire? Comment se comporter en face des lois du pouvoir et des organisations, etc....?

A ces questions, l'Union ukrainienne des travailleurs et paysans répondra plus tard. Elle doit, en effet, se réunir très prochainement et convoquer tous les paysans et ouvriers; Tenant compte du fait qu'on ne connaît pas la date précise de cette assemblée que réaliseront les paysans et ouvriers et où ils auront la possibilité de se réunir pour discuter et résoudre les problèmes les plus importants de nos paysans et ouvriers, l'armée des makhnovitsi considère de publier le manifeste suivant :



Sont annulées toutes les dispositions du gouvernement Dénikine.

Sont annulées aussi les dispositions du gouvernement communiste qui vont à l'encontre des intérêts paysans et ouvriers. Les travailleurs devront résoudre eux-même la question: quelles sont les dispositions du gouvernement communiste qui sont néfastes au intérêts des travailleurs?


Toutes les terres appartenant aux monastères, aux grands propriétaires et autres ennemis, passent aux mains des paysans qui vivent seulement du travail de leurs bras. Ce transfert doit être défini dans des réunions et par des discussions du paysannat. Les paysans devront se rappeler et tenir compte non seulement de leurs intérêts personnels mais aussi des intérêts communs du peuple travailleur, opprimé sous le joug des exploiteurs.

Les usines, les entreprises, les mines de charbon et autres moyens de production deviennent la propriété de la classe ouvrière entière, qui en assume la responsabilité de direction et d'administration, en incite et développe avec son expérience le développement et cherche à réunir toute la production du pays en une seule organisation.

Tous les paysans et tous les ouvriers sont invités à constituer des conseils libres de paysans et ouvriers. Seront élus dans ces conseils seulement les ouvriers et paysans qui prennent une part active à une branche utile de l'économie populaire. Les représentants des organisations politiques ne pourront point participer aux conseils ouvriers et paysans, parce que cela pourrait nuire aux intérêts des travailleurs eux-mêmes.

On n'admet pas l'existence d'organisations tyranniques, militarisées qui vont à l'encontre de l'esprit des travailleurs libres.

La liberté de parole, de presse et de réunion est le droit de chaque travailleur et n'importe quelle manifestation contraire à cette liberté représente un acte contre-révolutionnaire.

Sont annulées les organisations de la police; à leur place on organisera des formations d'autodéfense, qui peuvent être crées par les ouvriers et paysans.

Les conseils ouvriers et paysans représentent l'auto-défense des travailleurs. Chacun d'eux doit donc lutter contre n'importe quelle manifestation de la bourgeoisie et des militaires. Il est nécessaire de combattre les actes de banditisme, de fusiller sur place les bandits et les contre-révolutionnaires.

Chacune des deux monnaies soviétiques et ukrainienne doit être acceptée à l'égale de l'autre: on punira tous les contrevenants à cette disposition.

Reste libre l'échange des produits du travail ou du commerce de luxe, toujours quand il n'est pas administré par des organisations paysannes et ouvrières. On propose qu'un tel échange se fasse entre tous les travailleurs.

Toutes les personnes qui s'opposeront à la diffusion de ce manifeste, seront considérées comme contre-révolutionnaires.


Les conseils révolutionnaires de l'armée Ukrainienne (makhnovitsi), 1er janvier 1920.

Insurgés makhnovistes. Au centre assis Fyodor Shuss

Fyodor Schuss, un des meilleurs sabreurs Makhnoviste.

Makhno en 1920, assis au centre avec la moustche

Makhno en 1919, à droite Schuss.

Tout le monde tue !



Qu'est-ce que vous regardez ?
Qu'est-ce que vous guettez ?
J'suis pas une bête curieuse, moi ! Qu'est-ce que vous attendez ? Ah ! Vous attendez que j'saute ! Ah ! Un assassin, c'est intéressant un assassin ! J'suis un assassin ! Mais les assassins, ça court les rues ! Y'en a partout ! Tout le monde tue ! Tout le monde tue un p'tit peu ! Seulement, on tue en douceur, alors ça s'voit pas ! C'est comme le sable, c'est en dedans ! Là, en dedans!

Jean Gabin dans Le jour se lève.



jeudi 26 juillet 2012

Je suis un chien enragé.



Des gens comme moi, il faudrait les fusiller, qu'ils n'aillent pas répandre leur venin. Les États ont bien raison, ils s'y prennent même trop tard, il faudrait abattre préventivement les êtres capables de détruire.
Je suis un chien enragé.

Edouard Limonov

Où c'est qu'j'ai mis mon flingue?



Où c'est qu'j'ai mis mon flingue?

(Renaud Séchan)

J'veux qu'mes chansons soient des caresses
Ou bien des poings dans la gueule
A qui ce soit que je m'agresse
J'veux vous remuer dans vos fauteuils
Alors écoutez-moi un peu
Les pousse-mégots et les nez-d'boeux
Les ringards les folkeux les journaleux

D'puis qu'y a mon nom dans vos journaux
Qu'on voit ma tronche à la télé
Où j'vends ma soupe empoisonnée
Vous m'avez un peu trop gonflé
J'suis pas chanteur pour mes copains
Et j'peux être teigneux comme une chien

J'déclare pas avec Aragon
Qu'le poète a toujours raison
La femme est l'avenir des cons
Et l'homme n'est l'avenir de rien
Moi mon av'nir est sur le zinc
D'un bistrot des plus cradingues
Mais bordel où c'est qu'j'ai mis mon flingue

J'vais pas m'laisser emboucaner
Par les fachos par les gauchos
Tous ces pauvres mecs endoctrinés
Qui foutent ma révolte au tombeau
Tout ceux qui m'traitent de démago
Dans leur torchon qu'j'lirai jamais
"Renaud c'est mort il est récupéré"

Tous ces p'tits bourgeois incurables
Qui parlent pas qu'écrivent pas qui bavent
Qui vivront vieux leur vie d'minable
Ont tous dans la bouche un cadavre
T't'façon j'chante pas pour ces blaireaux
Et j'ai pas dit mon dernier mot

C'est sûr'ment pas un disque d'or
Ou un Olympia pour moi tout seul
Qui me feront virer de bord
Qui me feront fermer ma gueule
Tant qu'y aura d'la haine de mes s'ringues
Je n'chant'rai que pour les dingues
Mais bordel où c'est qu'j'ai mis mon flingue

Y'a pas qu'les mômes dans la rue
Qui m'collent au cul pour une photo
y'a même des flics qui me saluent
Qui veulent que j'signe dans leurs calots
Moi j'crache dedans et j'crie bien haut
Que l'bleu marine me fait gerber
J'aime pas l'travail la justice et l'armée

C'est pas d'main qu'on m'verra marcher
Avec les connards qui vont aux urnes
Choisir c'lui qui les f'ra crever
Moi ces jours-là j'reste dans ma turne
Rien à foutre de la lutte de crasse
Tous les systèmes sont dégueulasses

J'peux pas encaisser les drapeaux
Quoiqu'le noir soit le plus beau
La Marseillaise même en reggae
Ca m'a toujours fait dégueuler
Les marches militaires ça m'déglingue
Et votre république moi j'la tringle
Mais bordel où c'est qu'j'ai mis mon flingue

D'puis qu'on m'a tiré mon canif
Un soir au métro Saint-Michel
J'mets plus mes pieds dans une manif'
Sans un nunchak' ou un cocktaïl
A Longwy comme à Saint-Lazarre
Plus de slogans face aux flicards
Mais des fusils des pavés des grenades

Gueuler contre la répression
En défilant Bastille-Nation
Quand mes frangins crèvent en prison
Ca donne une bonne conscience aux cons
Au nez-d'boeux aux pousse-mégots
Qui foutent ma révolte au tombeau

Si un jour j'me r'trouve la gueule par terre
Sûr qu'ce s'ra d'la faute à Baader
Si j'crève le nez dans le ruisseau
Sûr qu'ce s'ra d'la faute à Bonnot
Pour l'instant ma gueule est sur le zinc
D'un bistrot des plus cradingues
Mais faites gaffe j'ai mis la main sur mon flingue


"Makhno était bien, c’était pas comme maintenant".



PIERRE OVERNEY



mercredi 25 juillet 2012

If we must die... Claude McKay



If we must die—let it not be like hogs
Hunted and penned in an inglorious spot,
While round us bark the mad and hungry dogs,
Making their mock at our accursed lot.
If we must die—oh, let us nobly die,
So that our precious blood may not be shed
In vain; then even the monsters we defy
Shall be constrained to honor us though dead!
Oh, Kinsmen!  We must meet the common foe;
Though far outnumbered, let us show us brave,
And for their thousand blows deal one deathblow!
What though before us lies the open grave?
Like men we'll face the murderous, cowardly pack,
Pressed to the wall, dying, but fighting back!

Claude McKay



Si nous devons mourir - que ce ne soit comme porcs
Traqués parqués dans un coin déshonorant
Alors qu’autour de nous, les chiens affamés,
Se moquant de notre sort maudit, aboient de rage.
Si nous devons mourir, - oh, que ce soit dignement,
Que notre sang précieux ne soit pas versé
En vain ; car, s’ils sont obligés à honorer
Notre mort, nous défierons même des monstres !
Oh, mes Frères ! Affrontons notre ennemi commun;
Bien que beaucoup moins nombreux, soyons courageux,
Et à leurs multiples coups répondons d’un coup fatal !
Qu’importe si devant nous s’ouvre une tombe ?
Comme des hommes, nous braverons la lâche meute meurtrière
Dos au mur, mourants, mais en se défendant !
(traduction Jean-Pierre Balpe)


Porter le poids du temps.



Il ne me reste qu'un seul souci sur terre, un souci d'or : porter le poids du temps.  

Ossip Mandelstam


mardi 24 juillet 2012

Dandy Jim from Caroline.



Dandy Jim from Caroline
Baltimore: F. D. Benteen, 1844

I've often heard it said of late
Dat Souf Carolina was de state,
Whar handsome Niggars bound to shine,
Like "Dandy Jim from Caroline."
For my ole massa tole me so,
I was de best lookin Nigger in de County O,
I look in de glass an I found it so,
Jus what massa told me O.

I drest myself from top to toe,
And down to Dinah I did go,
Wid pantaloons strapp'd down behine,
Like "Dandy Jim from Caroline."
For my ole massa &c.

De bull dog clar'd me out ob de yard,
I tought I'd better leabe my card,
I tied it fast to a piece ob twine,
Signed "Dandy Jim from Caroline."
For my ole massa &c.

She got my card an wrote me a letta,
An ebery word she spelt de betta,
For ebery word an ebery line,
Was "Dandy Jim from Caroline."
For my ole massa &c.

Oh, beauty it is but skin deep,
But wid Miss Dinah none compete;
She chang'd her name from lubly Dine,
To Mrs. Dandy Jim from Caroline."
For my ole massa &c.

An ebery little one we had,
Was de berry image ob he dad,
Dar heels stick out tree feet behine,
Like "Dandy Jim from Caroline."
For my ole massa &c.

I took dem all to church one day,
An hab dem christened widout delay,
De Preacher christened eight or nine,
Young Dandy Jim from Caroline.
For my ole massa &c.

An when de Preacher took he tea,
He seem'd to be berry much perplex,
For noting cum across he mine,
But "Dandy Jim from Caroline."
For my ole massa &c.

être français


En fait, être français, c'est justement prendre en considération autre chose que la France.

Witold Gombrowicz.

Moses Jacob Ezekiel - Mort sculpteur mais enterré en soldat!


Moses Jacob Ezekiel, est un des sculpteurs américains les plus célèbres de son époque. Il est né le 28 octobre 1844 à Richmond en Virginie. En 1862 il s'inscrit l'Institut militaire de Virginie (VMI). Il fut d'ailleurs le premier cadet juif à intégrer cette académie militaire, fait rare à l'époque.


 Le 15 mai 1864, les armées nordiste et sudiste se heurtèrent à New Market. Agressif, Breckinridge décida, malgré son infériorité numérique, de prendre l'offensive. Passant devant les cadets de la V.M.I. au nombre duquel était notre Ezezkiel, il leur déclara "Messieurs, je pense que je n'aurai pas besoin de vos services aujourd'hui.  Mais, dans le cas contraire, je sais que vous ferez votre devoir".
Sous une pluie battante, l'artillerie fédérale, retranchée dans la cité de New Market, ouvrit le feu contre la ligne sudiste en pleine progression. Bientôt, les Confédérés parvinrent à portée de tir de l'infanterie nordiste installée le long d'une crête située au nord de la ferme Bushong. La ligne sudiste se divisa à hauteur de la clôture séparant le verger de la ferme Bushong et un champ de céréales.
Soumis à un feu nourri, le flanc droit sudiste flancha.
Se rendant compte du flottement dans les rangs sudistes, Sigel, commandant l'armée du nord ordonna un assaut général. De son côté, Breckenridge se vit obligé de combler rapidement une brèche de 100 mètres créée au centre de sa ligne, sous peine de devoir s'avouer rapidement vaincu. L'un de ses officiers d'état-major lui suggéra d'engager les cadets.  "Je m'y refuse" s'écria Breckinridge avant de reconnaître ne plus avoir le choix.  Le général sudiste, la mort dans l'âme, donna finalement l'ordre fatidique ajoutant "Dieu me pardonne pour cela".
Au nombre de 257, les Cadets, âgés officiellement de 15 à 21 ans mais dont certains avaient à peine 12 ans, marchèrent en direction de la clôture et du verger. Les Cadets heurtèrent la ligne de l'Union et la repoussèrent provoquant la reprise de l'offensive par les autres troupes sudistes. Les plus violents affrontements se déroulèrent au niveau de "Field of Lost Shoes", un champ ainsi nommé car nombre de cadets y perdirent leurs chaussures dans une boue épaisse.



Les Fédéraux battirent en retraite et Sigel ordonna l'évacuation de son artillerie.
Poursuivant leur effort, les Cadets brisèrent la ligne nordiste et parvinrent jusqu'aux emplacements d'artillerie, s'emparant d'un canon et de nombreux prisonniers.
A ce moment, Sigel accéléra son mouvement de repli, laissant le terrain à l'armée de Breckinridge et à des Cadets exubérants.
L'Union perdit 840 soldats dans sa tentative avortée de prise de contrôle de la vallée de la Shenandoah. La Confédération perdit 540 soldats  Parmi eux, 10 Cadets tués et 47 autres blessés.  Selon diverses sources, il semble établi que certaines victimes aient été âgées de 12 à 15 ans...




A New Market, Ezéchiel a combattu en tant que membre de la compagnie C et a été l'un des nombreux cadets dont les chaussures ont disparu dans la boue. Après la bataille, il est resté au chevet de son ami Thomas Jefferson Garland, blessé mortellement pour lui lire la Bible, jusqu'à sa mort.

Thomas Jefferson Garland.


Il a ensuite intégré une autre formation pour la défense de Richmond. Une fois la guerre terminée il est retourné à la VMI pour finir ses études. Même en tant que cadet, le talent artistique d'Ezéchiel était apparent et au cours de sa dernière année, Robert E. Lee, en tant que président du Washington College (aujourd'hui Université Washington and Lee), l'encouragea à poursuivre dans cette vocation. Il a ainsi étudié l'anatomie au Medical College of Virginia, ajoutant réalisme et tragique à ses sculptures. En 1869, il s'installe en Europe - d'abord à Berlin puis à Rome - où il a étudié et achevé certaines de ses sculptures les plus célèbres.

Judith.



Edgar Allan Poe


Voilà "Eve hearing the voices" une israélite grasse, fondante et bien boudinée dans le style de l'époque 

Au cours de sa carrière, Ezéchiel a sculpté plus de 200 œuvres et a remporté des prix et récompenses, par tout le monde princier et royal de la vieille Europe. 

Mais l'une des œuvres les plus importantes et la plus connu a été installée en 1903 sur la campus de la VMI. Coulée dans le bronze et portant les noms de chaque cadet qui se sont battus dans l'engagement de New Market, la Virginie qui pleurant ses morts etc... Sous la statue sont enterrés six des dix cadets qui sont morts dans la bataille, y compris  Jefferson, l'ami d’Ézéchiel.



Ezéchiel est mort à Rome en 1917, mais la  Première Guerre mondiale a empêché le retour de son corps aux Etats-Unis jusqu'en 1921. Il fut enterré au pied d'un de ses autres grandes œuvres, le Confederate Memorial du cimetière national d'Arlington. Huit cadets de la VMI lui servait de garde d'honneur et sa pierre tombale porte l'inscription : " Moses J. Ezéchiel, sergent de la compagnie C, Bataillon des Cadets de l'Institut militaire de Virginie"





Mort sculpteur mais enterré en soldat!





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