vendredi 21 février 2014

"Le Turco de la Commune" d'Alphonse Daudet.



"C'était un petit timbalier de tirailleurs indigènes. Il s'appelait Kadour, venait de la tribu du Djendel, et faisait partie de cette poignée de turcos qui s'étaient jetés dans Paris à la suite de l'armée de Vinoy. De Wissembourg jusqu'à Champigny, il avait fait toute la campagne, traversant les champs de bataille comme un oiseau de tempête, avec ses cliquettes de fer et sa derbouka..."

Dans sa petite nouvelle "Le turco de la Commune" parue dans "Les contes du lundi" d'Alphonse Daudet montre un petit timbalier indigène des tirailleurs algériens, qui se retrouve sans le savoir aux côtés des fédérés contre les Versaillais et croit tirer sur les Prussiens alors qu’il tire sur des soldats français.

Il ne s'agit pas des "Turcos de la Commune" unité de francs-tireurs fédérés (souvent jeunes et tous blancs) que dirigeait le commandant Wolff. Cependant de nombreux témoignages contemporains parlent de "nègres" ou d'anciens tirailleurs algériens ou Spahi, présents aux côtés des communards. La plupart occupent des postes d'estafettes ou de gardes d'état-major... et finissent mal. Un peu comme le Turco de Daudet qui combat à la barricade de la rue de Rivoli avant d'être fait prisonnier par les troupes Versaillaises:

"-Fais voir ton fusil. Son fusil était encore chaud.
-Fais voir tes mains. Ses mains étaient noires de poudre. Et le turco les montrait fièrement, toujours avec son bon rire.
Alors on le pousse contre un mur, et ran !...
Il est mort sans y avoir rien compris..."

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